A.P.M : Ambient Party Machines

Repenser la fête au travers de la relation homme / machine

Un contexte de recherche : la rave party

La rave est un laboratoire permettant d’expérimenter des effets, des comportements, des compositions esthétiques à l’intersection du dispositif technique, de l’ambiance, de la notion de communauté. C’est la possibilité d’un lieu, utopique ou dystopique selon les regards, où la porosité technique et psychique formule un espace de création voué au lâcher-prise. 

L’utopie se définit par la création d’un monde idéal isolé, une enclave au sein d’un monde souvent ravagé. Dans ce sens, les utopies festives desquelles sont nées les raves se construisent sur cet isolement, ce décalage spatial. Plus en profondeur, les utopies festives questionnent l’intemporalité de l’utopie et son ambition d’universalité. La rave c’est un moment qui rend possible une transe, une joie, un décalage, souvent nécessaire par rapport au réel. Ainsi, comme le met en avant Hakim Bey dans son ouvrage TAZ, la rave peut-être vue comme une « intensification du quotidien », comme une utopie éphémère et accessible, avant tout basée sur le décalage temporel et sensoriel. 

La rave n’est pas uniquement un espace dédié à la transe et au lâcher-prise si chers aux concepts utopiques. C’est également un espace d’expérimentation, total, pour le public mais également pour ses artistes. C’est en ce sens que nous nous emparons de cet espace.

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A.P.M (Ambient Party Machines) est un ensemble de machines nomades, démontables et ajustables pour les contres-espaces festifs, idéalement les raves ou encore free party

Les espaces de danses actuels font appel à un système technique ultra-efficace. En parallèle, les espaces de repos sont de plus en plus délaissés. 

La fête est régie par un ensemble de machines invisibles et distantes, où seul l’effet visuel et sonore compte. En contraste A.P.M propose de rapprocher ces machines du public, de les ouvrir, de montrer leurs organes techniques, de créer une multitude d’événements plus localisés. 

Ces machines A.P.M sont synchronisées à l’aide d’un module d’interprétation de signaux, permettant une interaction entre production musicale et visuelle, basé sur un langage commun à toutes les machines.

Aujourd’hui c’est généralement soit le design d’espace soit l’équipementier technique qui priment pour la création d’ambiances festives : d’une part on pense aux nombreux projets de boites de nuit, et à leurs architectures d’intérieur savamment tamisées et leurs canapés rebondis, et d’autre part à l’emploi de produits techniques sur catalogues, combinées et souvent le plus invisibles possible.

Est ici réintroduit la question de la création industrielle dans l’équation avec des dispositifs techniques, performatifs, esthétiques, qui peuvent se substituer à toute autre proposition de design intérieur pour révéler et libérer pleinement l’espace, pour laisser de la place aux vides tout en assumant un rôle d’animation. 

Au delà de la conception de dispositifs, ce projet est une intrusion dans l’espace, où les objets de fêtes, synchrones ou asynchrones (par rapport à une musique par exemple), établissent un dialogue entre eux, avec les individus et l’espace, créant différentes zones au sein d’une zone. Ces machines deviennent ainsi des formes esthétiques et performatives plus proches du public, plus en lien avec le public, capables d’altérer ses ressentis sur l’environnement, sur nos sens, sur l’espace. 

La méthodologie du projet s’est construite par un travail directement à l’échelle, les effets lumineux et cinétiques ne pouvant être réduits. Dans les pages suivantes, je vais vous présenter les premiers éléments de mon projet, qui existent aujourd’hui à l’état de prototypes fonctionnels.